Actualité dans les Grands Lacs - Semaine du 25/2 au 4/3/2011

Publié le par gaspard-musabyimana

Baruti-Ikumayete_Gouv-Prov-orient-limoge7-2000.JPGEn RDC, la fiabilité des forces de l’ordre reste problématique. On a pu le constater cette semaine avec une tentative d’attaque de la résidence kinoise du président Kabila et d’un camp militaire de la part d’un groupe armé « non identifié », mais muni d’armes lourdes. Selon le ministre porte-parole du gouvernement, il ne s’agirait pas d’un coup d’Etat mais d’un « acte de terrorisme primaire » (?). Une soixantaine d’attaquants ont été arrêtés, tandis que, à l’issue d’une réunion du Conseil de sécurité, le gouvernement a pris des mesures d’urgence « pour juguler la hausse des produits de première nécessité ». Il faut dire que, dans certaines provinces comme au Kasaï Occidental, les militaires ne sont pas payés depuis deux ans.

 

Au Kivu, en dépit d’une amélioration de la restructuration de l’armée notée par un observateur au prix d’un abandon de certaines localités au Sud Kivu, on note toujours des tracasseries de l’armée en territoire de Walikale, une attaque attribuée aux FARDC (ou aux FDLR) en territoire de Kabare. Par ailleurs, le chef de la police de la MONUSCO se déclare inquiet de la non-fiabilité de la police nationale pour garantir la sécurité en période électorale, bien que plusieurs centaines de policiers venus du Kivu et de Province Orientale ont reçu une formation à cet effet à Goma. On notera toutefois la tenue de procès au Nord-Kivu et à Kindu contre des militaires accusés d’indiscipline, de vols, etc., un panel de l’ONU invitant la RDC à poursuivre les militaires et les groupes armés qui ont commis des viols « sur une échelle sans précédent ».

 

Du côté des bandes armées, un colonel du FPC (groupe Maï-Maï Lafontaine) s’est rendu à la MONUSCO au Nord Kivu, tandis que 200 Maï-Maï du groupe Shikito sont sortis de la forêt pour s’intégrer dans l’armée. Toujours au Kivu, on signalera une attaque du groupe Maï-Maï Pareco au sud de Butembo, la mort d’un ancien officier du CNDP, fidèle à Laurent Nkunda, lors d’une opération militaire en territoire de Rutshuru, tandis que mille ménages de déplacés ont fui l’insécurité dans le territoire de Lubero pour se réfugier en territoire de Masisi et Rutshuru où ils se trouvent sans aucune assistance.

 

En Province Orientale, la LRA est impliquée dans de nouvelles vagues de violences dans les territoires de Dungu et de Faradje ainsi qu’à la frontière avec le Sud-Soudan. Au Katanga, le commandant de la MONUSCO s’est rendu à Lubumbashi pour se rendre compte de la situation d’insécurité créée par des bandes du FDLR toujours actives dans la région de Kalemie.

 

Dans le domaine politique, les sept membres de la CENI ont été officiellement investis : la séance de remise-reprise entre la CEI et la CENI a eu lieu ce 3 mars. On trouvera dans cette livraison la carrière du président de la CENI, un proche du président Kabila. En province, l’ancien gouverneur de la province de l’Equateur, figure de proue du MLC, a démissionné de son parti tout en déclarant sa fidélité à Jean-Pierre Bemba, toujours président du parti, tandis que, dans la province du Kasaï Occidental, le président Kabila a accepté la démission du gouverneur Kapuku, impliqué dans le tabassage d’un employé d’un hôtel et dans des altercations entre sa garde rapprochée et la population de son village natal.

 

Dans le domaine de la justice et des droits humains, le procès Chebeya s’est poursuivi avec l’audition du médecin légiste et l’analyse des relevés téléphoniques des inculpés. Par ailleurs, une sénatrice du MLC accuse le procureur de la CPI d’ « acharnement » contre Jean-Pierre Bemba et parle de « manipulations politico-judiciaires » dans le procès.

 

Dans le domaine économique, la division des mines de la Province Orientale n’est pas en mesure de publier les chiffres de la production minière qui est vendue à Butembo, à Kampala et à Dubaï et non aux comptoirs locaux du fait de « taxes excessives ». Toujours dans le secteur minier, le ministre des Mines du gouvernement central a levé la mesure de suspension de l’exploitation minière au Kivu – Maniema qui entrera en vigueur le 10 mars pour autant que la traçabilité et la certification des minerais soient garanties dans les six mois. Par ailleurs, le Kenya et la RDC ont créé une équipe conjointe pour enquêter sur le commerce illégal de l’or en province du Congo. Dans le domaine financier, une délégation du FMI a constaté des résultats économiques « solides » en RDC et a encouragé les autorités à poursuivre leurs efforts.

 

Au Burundi, un haut dirigeant du parti au pouvoir accuse certains éléments du CNDD de corruption et en appelle à des négociations avec l’opposition qui n’a pas participé aux dernières élections.

 

En Ouganda, le président Museveni, grand gagnant des élections, a célébré sa victoire au cours d’un grand meeting public, tandis qu’un ministre de son gouvernement a plaidé pour l’allongement du mandat présidentiel de cinq à sept ans.

 

Au Rwanda, une grenade a de nouveau explosé à Kigali, la police mettant en cause le FDLR. Dans le domaine de la justice, les tribunaux gacaca ont prononcé plus d’1.200.00 jugements : 800.000 personnes ont été poursuivies pour pillage et destruction de biens. Dans le domaine économique, un officiel rwandais affirme que les mesures américaines imposant aux sociétés minières de fournir la provenance de minerais congolais constituent une forme d’embargo : le Rwanda demande du temps pour s’adapter.

Kris Berwouts

EURAC

04/03/2011

 

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