Actualité des Grands Lacs – Semaine du 12 au 18 mars 2011

Publié le par gaspard-musabyimana

Nzanga-Mobutu-bon-150x100.jpgEn RDC, les limogeages politiques se sont poursuivis cette semaine. Après le ministre Nzanga Mobutu, le président a révoqué un second ministre, affilié à un groupe Maï-Maï, pour détournements, ainsi que plusieurs responsables d’entreprises publiques, ce qui est considéré par le président de l’opposition U.N. comme étant du ressort de la stratégie électorale du pouvoir en place. Par ailleurs, un autre ministre de l’UDEMO a démissionné par solidarité avec la révocation de Nzanga Mobutu. Alors que le parti de ce dernier déclare continuer à faire partie de la majorité présidentielle, puis annonce qu’il fixera sa position sur ce sujet « dans un bref délai », Nzanga Mobutu a quant à lui rompu avec l’AMP et affirme prendre ses distances avec l’UDEMO.

 

Pour ce qui regarde les futures élections, les difficultés s’accumulent. Dans le Bandundu, les formateurs des agents électoraux menacent de ne pas rejoindre les sites de formation du fait du non-paiement de leurs per-diem, tandis que dans les territoires de Kapanga et de Kongolo, les difficultés logistiques rendent difficile l’actualisation du fichier électoral. Le nouveau président de la CENI s’engage à augmenter le nombre de centres d’inscription et demande plus de moyens.

 

Dans le reste de l’actualité politique, on signalera l’ouverture de la session parlementaire qui traitera de sujets majeurs comme la réforme électorale, ainsi que celle de la police et de l’armée, tandis que le chef de l’Etat a préside une réunion inter-institutionnelle où il a été question entre autres de l’amélioration de la situation sécuritaire dans l’est du pays. En province, l’assemblée provinciale du Bandundu a déchu à une large majorité le gouverneur ainsi que tout son gouvernement, une déchéance approuvée par la société civile locale.

 

Dans le domaine de la sécurité, la MONUSCO affirme que la capacité de nuisance des FDLR a été réduite de 60 à 90 %. Toutefois, au Sud Kivu, un camion a été attaqué par des hommes armés non identifiés dans la plaine de la Ruzizi, tandis qu’une embuscade attribuée aux FDLR à la frontière entre les territoires de Walungu et de Shabunda. Au Maniema, un chef de localité a été assassiné par des FDLR. Au Nord Kivu, une dispute a éclaté entre deux sociétés minières artisanales autour d’un carré minier.

 

En Province Orientale, un accrochage a eu lieu avec le LRA à la frontière entre le Congo, le Sud-Soudan et la Centrafrique, tandis que les 1.500 déplacés du territoire de Dungu se trouvent en situation très précaire. Par ailleurs, un « week-end de la paix » a été organisé par un réseau de chefs religieux pour sensibiliser les populations à la problématique de la LRA. Dans le Bas Congo, des Congolais ont été enlevés par des policiers angolais en territoire de Songololo. Au Katanga, l’ANR du territoire de Kapanga est accusée d’exactions contre la population. Enfin, on se perd toujours en conjectures sur la « tentative de coup d’Etat » du 27 février au cours duquel la résidence du président Kabila et un camp militaire avaient été attaqués.

 

Dans le domaine des droits humains, un nouveau procès s’est tenu à l’encontre de 16 militaires accusés de viols au tribunal militaire de Bukavu. Dans le procès Chebeya, le principal prévenu a été chargé d’une nouvelle inculpation qui concerne la détention illégale d’armes de guerre : le procès, dont la phase d’instruction est clôturée, se terminera avec les plaidoiries le 24 mars, sans que l’affaire du chauffeur disparu, dont la famille a demandé le corps, ait été évoquée par le tribunal. On signalera aussi le transfert à Kinshasa des sept expatriés arrêtés à Goma dans le cadre d’un trafic illégal de minerais. Enfin, le Renadhoc dénonce les actes de barbarie des soldats angolais sur les Congolaises expulsées d’Angola.

 

Dans le domaine économique, l’Asadho réclame des sanctions contre ceux qui ont continué à exploiter les minerais au Kivu – Maniema malgré l’interdiction décrétée par le président Kabila, tandis que les opérateurs miniers demandent au gouvernement d’intervenir auprès des autorités américaines pour qu’un moratoire soit prononcé sur la certification des minerais que ces dernières ont imposé à partir du début avril. Enfin, les activités pétrolières de la société SOCO dans le parc des Virunga, où elle exploiterait plus de 50 % de la superficie de ce parc, ont été suspendues : le ministre concerné a décidé de lancer une « évaluation stratégique » sur ce sujet.

 

Dans le domaine des relations extérieures, le président belge de la Chambre des Représentants a invité en Belgique ses homologues congolais de l’Assemblée nationale et du Sénat : selon lui, « les choses avancent bien au Congo », même si beaucoup reste à faire.

 

Au Burundi, le haut dirigeant du parti dominant a été exclu du parti pour avoir dénoncé « un groupe de corrompus » au pouvoir.

 

En Ouganda, un accord est intervenu entre le gouvernement et la société Tullow Oil, ce qui permet le lancement du projet de 10 milliards $ porté par la société Total et le groupe chinois CNOOC.

 

Au Rwanda, le président belge de la Chambre a défendu son voyage récent au Rwanda : l’ancien numéro 2 de la MINUAR, Luc Marchal, avait dénoncé cette visite dans un pays où règne une « dictature pure et dure ». Par ailleurs, le Rwanda s’oppose à toute forme de médiation dans la crise libyenne.

Eurac

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