Actualité des Grands-Lacs – Semaine du 19 au 25 mars 2011

Publié le par gaspard-musabyimana

 

blinde-monuc-imvaho-nshya-2004-1.JPGEn RDC,  la tenue des prochaines élections continue à susciter des prises de position et des déclarations en sens divers. Ainsi, l’Asadho dénonce le découplage de l’élection présidentielle avec les élections législatives, découplage qui aurait été décidé la semaine passée par la conférence inter-institutionnelle présidée par le président Kabila et au cours de laquelle un accord avec le FDLR aurait été annoncé.

 

De son côté, le nouveau président de la CENI, en mission à Lubumbashi pour discuter avec la division électorale de la MONUSCO, affirme que le calendrier des élections n’a pas encore été fixé, la révision du fichier électoral devant encore avoir lieu dans les deux Kivu, en Equateur et dans le Bandundu. De son côté, la Ligue pour des élections libres et transparentes (LINELIT) de mande au Parlement de voter une loi qui garantisse la liberté de réunion et de manifestations publiques durant la campagne électorale. Par ailleurs, des femmes du Nord Kivu ont organisé un sit-in pour réclamer la parité dans les listes électorales. Enfin, l’AMP pourrait changer de nom en s’appelant la « Majorité présidentielle », mais un député de cette majorité déclare que cette « réforme » ressemble bien au changement de peau d’un serpent et est trop tardive.

 

Dans les autres nouvelles politiques, on signalera que l’Assemblée nationale qui s’est penchée sur deux textes de loi relatifs à la suppression des travaux forcés et à la criminalisation de la torture, a établi son calendrier qui comporte 78 points et trois priorités : la loi électorale, les réformes de la justice, ainsi que celle de l’armée et de la police.

 

Dans le domaine de la sécurité, des pillages, attribués aux FARDC pour les uns, au FDLR pour les autres, ont eu lieu à Kiwanja en territoire de Rutshuru, tandis qu’à Beni le mouvement de grève et de « villes mortes » a été suspendu. Au Sud Kivu, quatre localités de la région de Fizi détenues par des Maï-Maï Yakutumba ont été récupérées par les FARDC qui se sont aussi affrontés aux FDLR sur la route menant vers Kalemie, tandis que, dans le territoire de Mwenga, un ex-chef Maï-Maï s’est rendu à l’armée et demande de pouvoir s’occuper de la problématique du retour des FDLR. Toujours au Sud Kivu, on signalera que des propriétaires de carrés miniers demandent d’être protégés contre la présence de militaires qui les empêchent d’exercer leurs activités. Enfin, au Maniema, des éléments de la police nationale auraient pillé un dépôt de cassitérite à Punia.

 

En Province Orientale, des désaccords existent sur la menace que constituent les rebelles de la LRA en territoire de Dungu, où la MONUSCO a renforcé ses escortes. Selon le ministre de la Défense, la LRA ne serait plus constituée qu’à quelques dizaines de combattants, déclaration contre laquelle s’insurge l’évêque de Dungu. Dans ce contexte, on signalera que l’Ouganda, la RDC et la MONUC se sont mis d’accord pour mettre en oeuvre une offensive contre la LRA et l’ADF/NALU, tandis qu’une mission d’experts militaires de l’UA se trouve à Dungu pour œuvrer à l’élimination définitive de la LRA. Dans la même région, 30.000 pasteurs Bororo du Soudan auraient été expulsés par les FARDC de toutes les agglomérations du territoire d’Ango.

 

Pour ce qui regarde l’Equateur enfin, on signalera le retard dans le chronogramme de la réinstallation des réfugiés congolais se trouvant au Congo-Brazzaville depuis la rébellion des Enyele.

 

Dans le domaine de la justice et des droits humains, le Haut Commissariat aux droits de l’homme des N.U. signale que le respect des droits humains par l’armée nationale et les groupes rebelles ne s’est pas amélioré en RDC : le ministre porte-parole du gouvernement déclare à ce propos qu’il n’est pas normal que les FARDC et les groupes armés soient mis sur le même pied. En ce qui concerne le procès Chebeya, les plaidoiries, qui devaient avoir lieu jeudi 24, ont été reportées, tandis que l’enlèvement du chauffeur de l’intéressé a été requalifié en assassinat. Par ailleurs, la Voix des Sans Voix appelle le gouvernement à respecter le droit des personnes arrêtées dans le cadre de l’attaque de la résidence présidentielle : selon l’ONG, 17 personnes sont totalement innocentes. Enfin, on signalera que le procès des deux chefs du FDLR réfugiés en Allemagne s’ouvrira prochainement.

 

Dans le domaine financier, la Banque mondiale reconnaît les efforts effectués par le gouvernement dans la maîtrise du cadre économique, tandis que le gouvernement belge a approuvé l’annulation du solde de la dette due à la Belgique et que la Banque centrale du Congo fait état du niveau élevé de l’inflation, d’une croissance de 6,5 % prévue pour 2011 et d’une balance excédentaire par rapport à 2009 du fait du prix avantageux des produits miniers. Dans le domaine économique, le syndicat des creuseurs artisanaux de Kolwezi demande l’installation d’un laboratoire d’analyse à leur profit pour mettre fin au conflit qui oppose les creuseurs aux négociants. Enfin, on signalera que 60 % des travailleurs d’une entreprise de génie civil liée à la MIBA sont menacés de licenciement.

 

Dans le domaine diplomatique, la RDC a décidé de rappeler son ambassadeur au Congo Brazzaville : cette décision pourrait s’expliquer par un mouvement d’humeur de Kinshasa sur l’attitude ambiguë du pays voisin en ce qui concerne l’insurrection fomentée par le général Munene à partir de ce pays et la non-extradition de Brazzaville d’un des chefs de la rébellion des Enyele en Equateur.

 

Au Burundi, le gouvernement, qui s’est retiré à Gitega pour plancher sur les enjeux de la croissance économique du pays, a été contraint de lier face à une grève de la fonction publique qui menaçait de paralyser le pays. Il doit aussi faire face à une grève des magistrats qui réclament leur indépendance.

 

En Ouganda, Human Rights Watch dénonce les agissements d’une unité de police accusée de torturer et d’assassiner des suspects. Dans le domaine des relations internationales, le président Museveni dénonce l’utilisation de la force militaire en Libye en dépit des fautes de son chef.

 

Au Rwanda, la croissance économique a été estimée à 7,4 % pour l’année 2010.

 

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