Commémoration du 17è anniversaire du génocide rwandais à Bruxelles : 6/4/2011

Publié le par gaspard-musabyimana

abantu-recueillementEncadrés par le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR) et la Société Civile Rwanda (SOCIRWA), une centaine de rwandais se sont retrouvés dès 14 heures aux environs du mémorial érigé dans la commune bruxelloise de Woluwé Saint-Pierre. En ce 17° anniversaire du début des massacres initiés par l’assassinat du président Habyarimana au soir du 6 avril 1994, ils venaient se recueillir pour honorer la mémoire de tous ceux qui ont péri au Rwanda à partir de cette date.


Il faut noter que le régime de Kigali a décrété que toute commémoration devrait se faire en date du 7 avril sous peine d’être accusé de négationniste. C’est donc en transgression de ce décret que les associations précitées ont agi sachant bien qu’elles allaient s’attirer les foudres du FPR. Effectivement sur demande de l’ambassade du Rwanda à Bruxelles et de l’association IBUKA-Belgique, le Bourgmestre de Woluwé Saint-Pierre avait rendu un arrêté comme quoi personne n’est autorisée à se recueillir au mémorial à une autre date que celle fixée par Kigali.


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Sur les lieux, le contraste entre les agents de l’ordre nerveux et suréquipés avec les commémorants était saisissant. En effet, en application de cet arrêté du bourgmestre, le mémorial était ceinturé par les policiers armés, tandis que la rue qui y mène était purement barrée. En face, une foule digne en recueillement, psalmodiant des chants de circonstance en mémoire des leurs qu’ils ont perdus pendant les tueries qui ont débuté le 06 avril 1994. Observant cette scène surréaliste, un belge de souche s’est étonné de constater que dans son pays certains citoyens soientdénié même du droit de mémoire à cause des impératifs politiques.


Le recueillement a pris fin vers 16 heures et le cortège s’est calmement disloquée et en toute dignité au grand étonnement des policiers dépêchés pour « officiellement » faire face aux « criminels » qui d’après Kigali pouvaient mettre Bruxelles à feu et à sang.


A force de tirer sur la corde et d’exploiter honteusement le génocide rwandais, Paul Kagame finit par convaincre ceux qui doutaient de son cynisme quand ils constatent qu’il va jusqu’à empêcher les rescapés de se souvenir des leurs dès lors qu’ils n’épousent pas les thèses de son parti, le FPR, au pouvoir depuis 17 ans.


De notre envoyé spécial à Bruxelles ce 06 avril 2011.

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