Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy et Stephen Harper au sujet de l'Afrique

Publié le par gaspard-musabyimana

Monsieur Nicolas Sarkozy
Président de la République française
Paris, France
Monsieur Stephen Harper
Premier ministre du Canada
Ottawa, Canada
Monsieur le Président,
Monsieur le Premier Ministre,
kagame sarkhoy daylifeJe viens d'apprendre qu'au printemps 2011, le président du Rwanda, Paul Kagame, se rendra en France à l'invitation du Mouvement des entreprises de France (MEDEF). En février 2010, M. Sarkozy a rencontré M. Kagame au Rwanda, et la gouverneure générale du Canada, Mme Michaëlle Jean, a fait de même en avril 2010. Il semble donc que la France et le Canada entretiennent des relations cordiales avec M. Kagame. À l'inverse, depuis le 1er décembre 2010, la France et le Canada ont rompu leurs relations diplomatiques avec le gouvernement effectif de la Côte d'Ivoire et avec l'entourage du président, M. Laurent Gbagbo, sous prétexte que M. Gbagbo refuserait d'accepter le verdict des urnes. Ce comportement des gouvernements français et canadiens me semble contraire à la justice la plus élémentaire.
Comme vous le savez, mais feignez de l'ignorer, d'énormes soupçons de crimes de masse pèsent sur M. Kagame, le président du Rwanda. En octobre 1990, le Front patriotique rwandais (FPR), qui était constitué en fait de divisions de l'armée ougandaise, entreprit une guerre de conquête du Rwanda. Cette guerre se transporta en République démocratique du Congo (RDC) à partir de la fin de 1996. Le conflit se poursuit aujourd'hui et fait encore régulièrement de nombreuses victimes. Au fil de cette guerre, des millions de personnes ont été massacrées par le Front patriotique rwandais ou sont mortes des suites de la maladie ou de la faim, après avoir été forcées de fuir les combats. J'estime à plus de 7 millions le nombre de victimes de cette guerre depuis plus de 20 ans. 
Les victimes de la guerre de conquête de M. Kagame ont été pratiquement oubliées et abandonnées, sauf celles du «génocide rwandais» de 1994. Il est assez étrange que l'on persiste à attribuer les morts de 1994 à un complot des «extrémistes hutus» associés au président Juvénal Habyarimana. Cette interprétation de l'histoire ne concorde pas avec les faits. Elle sert depuis longtemps à légitimer le régime actuel de M. Kagame et à faire taire toute critique de ce régime. Voici un résumé des faits les plus importants.
Les massacres depuis 1990 coïncident avec la présence de Paul Kagame et du FPR

1) Entre 1973 et 1990, le Rwanda était considéré comme un modèle de développement en Afrique. Le pays vivait en paix, et on n'y signalait aucune violation grave des droits de la personne. La France et le Canada étaient très présents au Rwanda et se montraient satisfaits de leur coopération avec les Rwandais. Pendant ces dix-sept années, les Hutus, qui détenaient le pouvoir politique, auraient eu toute la latitude nécessaire pour procéder à l'extermination des Tutsis, si telle avait été leur véritable intention. Au contraire, Tutsis et Hutus vivaient en paix. De nombreux hommes d'affaires tutsis prospéraient au Rwanda. En 1990, le gouvernement Habyarimana avait même commencé les négociations en vue de rapatrier les Tutsis ayant fui le pays au début des années 1960.
2) Le début des violations graves des droits de la personne au Rwanda coïncide avec l'arrivée de l'armée du FPR (APR) sur le territoire de ce pays, en 1990. Le début des violations graves des droits de la personne en RDC coïncide également avec l'arrivée des militaires du FPR sur le territoire de cet autre pays, en 1996. Les soldats de Paul Kagame et de ses émules, comme James Kabarebe, Laurent Nkunda et Jean-Bosco Ntaganda, occupent toujours le territoire de la RDC, où ils ont revêtu l'uniforme de l'armée de la RDC pour brouiller les pistes et se livrent encore aux mêmes violations graves des droits de la personne. Avec la complicité de la MONUSCO et d'organisations humanitaires spécialisées dans la désinformation, comme Human Rights Watch (HRW), qui est financée par la fondation National Endowment for Democracy, les violations sont mises systématiquement sur le compte des fantomatiques FDLR, qui seraient, dit-on, les héritiers des génocidaires hutus de 1994 mais qu'on n'arrive jamais à appréhender ou à neutraliser, ce qui est, vous en conviendrez, très étrange, compte tenu de la présence, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, de dizaines de milliers de casques bleus et de militaires rwandais et congolais.
3) Les massacres du «génocide rwandais» ont commencé quelques heures après l'attentat du 6 avril 1994, dans lequel ont trouvé la mort le président du Rwanda, Juvénal Habyarimana, et le président du Burundi, Cyprien Ntaryamira. Or, l'armée de M. Kagame s'est mise en action pour occuper de nouvelles positions tout de suite après cet attentat, ce qui suppose qu'elle était au courant, compte tenu des préparatifs nécessaires pour mettre une armée en branle sur le terrain. Comme les mouvements de troupes, les premières exécutions des opposants politiques, que l'on a longtemps imputées aux «extrémistes hutus», ont eu lieu suivant une planification évidente et ont commencé dans les heures suivant l'attentat. Qui donc pouvait être l'auteur de cette planification, sinon ceux qui savaient que l'avion du président Habyarimana allait être abattu? L'enquête du juge Bruguière et le témoignage du colonel Luc Marchal attestent que c'est le FPR qui a abattu l'avion et que c'est aussi le FPR qui a vraisemblablement exécuté les opposants politiques, en se faisant passer notamment pour la Garde présidentielle. La prétendue contrenquête de Kigali pour brouiller les pistes au sujet de cet attentat a été complètement taillée en pièces par Luc Marchal. Le rapport Mutsinzi est un tissu de mensonges, purement et simplement. L'enquête du  TPIR sur l'attentat du 6 avril 1994 a été, quant à elle, étouffée par la Canadienne Louise Arbour et n'a jamais été relancée depuis. Pourtant, cet attentat est la clé du fameux «génocide rwandais».
4) Les massacres du «génocide rwandais» de 1994 ont coïncidé systématiquement avec les gains du FPR sur le territoire. Chaque fois que le FPR arrivait quelque part, les massacres devenaient beaucoup plus intenses. C'est ce qu'ont démontré les travaux des chercheurs Christian Davenport et Allan C. Stam. De plus, les mêmes chercheurs arrivent à la conclusion qu'environ 300 000 victimes des tueries d'avril à juillet 1994 étaient des Tutsis, ce qui fait que la majorité des victimes auraient été des Hutus, soit entre 500 000 et 800 000, selon le nombre total de morts (800 000 selon l'ONU, mais 1,1 million selon Kigali).
5) Les massacres de Paul Kagame ont été pratiquement filmés en direct à la télé (à l'inverse des massacres des prétendus extrémistes hutus, dont on ne nous a montré que le résultat sordide, c'est-à-dire des cadavres empilés, sous la surveillance du FPR). Autrement dit, nous avons des documents vidéos et des témoignages indépendants qui montrent hors de tout doute, par exemple, qui sont les auteurs des massacres de Kibeho (voir vidéo 1 et vidéo 2) et du massacre de centaines de milliers de réfugiés hutus qui fuyaient l'APR, au Zaïre (devenu la RDC), en 1996 et 1997. On sait que ce sont les hommes de Paul Kagame qui ont commis ces crimes. En revanche, la responsabilité des massacres des 100 jours du «génocide rwandais» est loin de pouvoir être attribuée clairement aux «extrémistes hutus». Des témoignages disent en fait exactement le contraire.
6) De l'ensemble des jugements du Tribunal pénal international pour le Rwanda, il ressort que personne n'a jamais pu produire une seule preuve véritable de planification du génocide rwandais par le régime du président Habyarimana ou par la légendaire Akazu, repaire supposé des «extrémistes hutus». Même «l'infâme» colonel Bagosora a été blanchi de l'accusation d'entente pour commettre un génocide parce qu'on n'a jamais pu trouver une seule preuve de cette prétendue entente. En fait, il a même été démontré que l'Akazu n'existait pas, mais était une invention d'opposants politiques du président Habyarimana. Lors du procès de Protai Zigiranyirazo, Jean-Marie Vianney Nkezabera et Anastase Munyandekwe, deux hauts responsables du MDR (un parti de l'opposition au Rwanda, en 1994), sont venus expliquer en détail comment ils avaient construit la fable de l'Akazu. Or, il est évident que les massacres systématiques de 1994 avaient bel et bien été planifiés. S'ils n'ont pas été planifiés par l'Akazu et le pouvoir hutu, qui s'est en chargé? À mes yeux et aux yeux de nombreuses autres personnes ayant étudié le dossier, par exemple l'ex-ministre belge Willy Claes, il est évident que le planificateur serait plutôt Paul Kagame lui-même, celui qui se présente constamment comme le sauveur des Tutsis et qui aurait «arrêté le génocide», selon ses dires.
7) Le rapport de l'ONU publié le 1er octobre 2010, sur les violations graves des droits de la personne en RDC, de 1993 à 2003, démontre l'ampleur des massacres pouvant être imputés à Paul Kagame. Ce rapport n'a eu aucune suite, et je ne vous ai pas entendu exiger qu'on traduise M. Kagame devant la CPI ou devant le TPIR, ce qui me semble pour le moins suspect. Ce rapport s'ajoute à de nombreux autres rapports incriminant Paul Kagame mais ayant tous été, eux aussi, ignorés, y compris le rapport Gersony, qui date de 1994.
Bref, il est certain que M. Kagame est à l'origine d'immenses massacres. Pourtant, vous semblez tous les deux parfaitement bien disposés à son égard. Loin de rompre ses relations diplomatiques avec le Rwanda, le gouvernement de M. Harper a même facilité l'entrée de ce pays dans le Commonwealth, le 29 novembre 2009, malgré un rapport de la commission des droits de l'Homme du Commonwealth qui indiquait que le régime de M. Kagame était responsable de violations flagrantes des droits de la personne et qu'un climat de peur régnait au Rwanda.
Pour couronner le tout, des enquêtes de la justice française et de la justice espagnole attribuent aux tueurs sous les ordres de Paul Kagame le meurtre de l'équipage français du président Habyarimana, le 6 avril 1994, et le meurtre de deux prêtres canadiens, les pères Claude Simard et Guy Pinard, le 17 octobre 1994 et le 2 février 1997 respectivement. Qui plus est, c'est un militaire canadien qui a enquêté sur place au sujet de la mort du père Claude Simard et qui a découvert qui étaient les responsables du meurtre. Ce militaire a produit un rapport, et les autorités canadiennes l'ont en main. Il m'apparait insensé et terriblement cruel pour les familles des victimes de ces citoyens français et canadiens que le gouvernement français et le gouvernement canadien entretiennent des relations cordiales avec le grand responsable des assassinats. Votre inaction, malgré l'information que détiennent vos gouvernements depuis longtemps, peut être qualifiée de complicité pour protéger M. Kagame.
Laurent Gbabgo n'a massacré personne

Contrairement à M. Kagame, Laurent Gbagbo n'a jamais eu recours à la violence. Il a été lui-même jeté en prison deux fois, y compris une fois par M. Alassane Ouattara, du temps où ce dernier était premier ministre de la Côte d'Ivoire. M. Gbagbo a toujours préconisé le respect de la démocratie et des institutions de son pays. En revanche, son opposant, M. Ouattara, est étroitement lié aux insurgés qui mettent la Côte d'Ivoire à feu et à sang (voir «Qui sont Gbagbo et Ouattara?»).
Depuis 2002, la Côte d'Ivoire est la proie d'une guerre civile. Vous savez comme moi, Monsieur Sarkozy, que la France avait un accord de défense avec la Côte d'Ivoire et que, normalement, elle aurait dû aider le gouvernement démocratiquement élu de M. Gbagbo à mater les insurgés, à la suite de la tentative de coup d'État de septembre 2002. Pourtant, le gouvernement français n'en a rien fait. Il s'est plutôt interposé de manière à protéger les insurgés. En novembre 2004, après avoir dispersé des civils en tirant dessus avec des hélicoptères de combat, les militaires français embusqués à l'Hôtel Ivoire ont ouvert le feu sur des civils ivoiriens désarmés, tuant des dizaines de personnes et en blessant des centaines (voir vidéo 1, vidéo 2 et vidéo 3). Déjà, les Ivoiriens avaient de très bonnes raisons d'être en colère contre la France, mais les choses ont encore empiré par la suite.
La France ne s'est pas arrêtée là dans sa marche vers l'injustice en Côte d'Ivoire et elle a été rejointe récemment par le Canada. Les accords de Linas-Marcoussis, d'Accra, de Pretoria et de Ouagadougou visaient tous à mettre fin à la guerre civile et prévoyaient une participation des insurgés au gouvernement en retour d'un désarmement complet. C'est un peu comme si, en octobre 1970, au Québec, à l'issue d'une intervention armée des États-Unis pour «séparer» les belligérants, on avait obligé Robert Bourassa à accepter le felquiste Paul Rose dans son Cabinet, en retour de la libération des otages James Richard Cross et Pierre Laporte. En Côte d'Ivoire, ceux qui ont pris les armes contre un gouvernement démocratiquement élu en 2000 et coupable d'aucune violation des droits de la personne ont été récompensés. Mais il y a pire encore. 
Non seulement les insurgés ont été récompensés lorsque le chef de guerre Guillaume Soro est devenu premier ministre de la Côte d'Ivoire, paralysant à toutes fins utiles le gouvernement, mais ils ont été dispensés par la France et l'ONU de désarmer comme il avait été convenu. Lorsque l'élection présidentielle de l'automne 2010 s'est tenue, les insurgés maintenaient toujours par la terreur leur emprise sur la zone CNO, en Côte d'Ivoire. Des fraudes électorales massives ont eu lieu dans cette zone, qui représente à peu près la moitié du territoire. L'existence de ces fraudes ne fait aucun doute et des centaines de milliers de voix ont ainsi été attribuées à M. Ouattara. De nombreuses personnes en ont témoigné, comme l'avocat Mohamed Aref, observateur de l'Union africaine. M. Young-Jin Choï, le représentant du secrétaire général des Nations Unies, a tout simplement menti lorsqu'il a déclaré qu'il n'y avait pas eu de fraudes électorales importantes.
Pire encore, au lieu de respecter les institutions ivoiriennes, notamment le Conseil constitutionnel, vous vous êtes arrogé, Monsieur Sarkozy, le droit de désigner le nouveau président de la Côte d'Ivoire dans une mise en scène de très mauvais gout. Vous avez exigé du président Gbagbo qu'il quitte le pouvoir. Vous l'avez traité de dictateur et vous avez invoqué, pour convaincre l'opinion internationale de la justesse de votre position, de prétendues violences commises par les partisans de M. Gbagbo. Or, tout comme les affirmations de M. Choï sur les résultats électoraux ne sont que des mensonges, ces violences sont loin d'être prouvées, et toute l'information dont j'ai pris connaissance m'amène à croire que ce sont plutôt les partisans de M. Ouattara qui commettent des assassinats. Les prétendues victimes des partisans de M. Gbagbo montrées furtivement par les médias occidentaux semblent être le fruit de montages orchestrés par certains médias favorables à M. Ouattara.
L'ONUCI se borne à présenter une comptabilité du nombre de morts, mais n'a jamais produit de preuves des assassinats et n'a jamais pu en identifier les auteurs. Mme Navi Pillay ayant affirmé depuis Genève que l'ONUCI n'avait pas pu avoir accès aux charniers d'Issia et Daloa, l'ex-député norvégien Lars Rise a pu vérifier sur place que c'était faux et que les endroits en question étaient parfaitement accessibles. M. Rise est d'avis que la crise a été nettement aggravée par la «communauté internationale». De plus, certains médias ont rapporté qu'une manifestation pacifique avait été arrêtée par les Forces de défense et de sécurité de la Côte d'Ivoire, qui auraient fait feu alors sur des manifestants. Or, les images et les autres informations que j'ai pu obtenir sur cette prétendue marche pacifique indiquent plutôt qu'il s'agissait d'une opération armée des insurgés de M. Ouattara pour s'emparer des studios de la radio et de la télévision nationales ivoiriennes (RTI). Des civils ont été pris entre deux feux, et la responsabilité de ces victimes incombe entièrement à ceux qui ont fomenté cette attaque, à laquelle ont participé, de surcroit, des casques bleus de l'ONU. Enfin, dernier exemple, des médias ont accusé la police ivoirienne d'avoir tiré sur des civils désarmés, le 7 février 2011, alors qu'en fait, un commissariat de police a été attaqué avec des fusils d'assaut et des grenades.
Devant les manoeuvres impérialistes de déstabilisation de la Côte d'Ivoire pilotées par la France et l'ONU, avec la complicité et probablement même les directives des États-Unis, le Canada n'a rien trouvé de mieux que d'expulser l'ambassadeur de la Côte d'Ivoire au Canada et d'interdire le territoire canadien au président Laurent Gbagbo et à son entourage. Donc, Monsieur Harper, vous avez décidé de participer à cette entreprise néocoloniale. Quel intérêt y voyez-vous, à part peut-être plaire à votre maitre Obama et à votre ami Sarkozy? Les entreprises canadiennes obtiendront-elles davantage de contrats en Côte d'Ivoire si le plan Sarkozy-Choï échoue et que M. Ouattara n'arrive pas à convaincre des Africains de venir déloger M. Gbagbo par la force? Pensez-vous que le gouvernement de M. Gbagbo sera mieux disposé envers le Canada? Sans doute que ce sera l'inverse, n'est-ce pas? Vous ne défendez pas les intérêts des Canadiens. Vous jouez à la roulette russe avec les intérêts du Canada.
Monsieur Harper, je vois difficilement comment votre gouvernement peut donner des leçons de démocratie à M. Gbagbo, compte tenu de ce qui précède et compte tenu aussi de ce qui s'est passé à Toronto, lors du sommet du G20, en juin 2010, où des milliers de manifestants ont été victimes d'une sauvage répression et où environ un millier d'entre eux ont été arrêtés, détenus pendant plusieurs jours, privés de consulter un avocat, humiliés et maltraités, parfois jusqu'à la torture. Aucune accusation n'a été portée contre ces manifestants, en fin de compte. Évidemment, puisqu'ils n'avaient rien fait de mal. Votre gouvernement a dépensé un milliard de dollars inutilement pour la sécurité lors de ce sommet, et la police a voulu justifier cette dépense exorbitante en orchestrant elle-même de fausses émeutes: voilà ce qui s'est passé. C'est une grossière manipulation, et le Canada devrait en avoir honte. 
Vous, Monsieur Harper, devriez présenter vos excuses à tous ces Canadiens brutalisés par la police à Toronto au lieu d'essayer de faire la morale à M. Gbagbo. Vous devriez aussi cesser de faire croire aux Canadiens que vous défendez la paix et la démocratie au Canada et dans le monde lorsque vous subventionnez les multinationales du pétrole, que vous laissez le Canadien Omar Khadr, un enfant-soldat, être très injustement incarcéré et jugé à Guantanamo, que vous participez à la guerre contre le peuple afghan ainsi qu'à la torture de prisonniers dans ce pays et que vous dépensez l'argent des contribuables à construire des mégaprisons et à acheter les produits de la mafia militaro-industrielle des États-Unis, comme les avions d'attaque F-35. Vous oeuvrez pour la destruction du monde, et non pour la paix. Au fond, vous vous dites peut-être que ça ne vaut pas la peine d'essayer de sauver le monde, puisque vous fréquentez des fanatiques religieux comme Faytene Kryskow et que, selon bon nombre de ces fanatiques, la fin du monde est proche.
En somme, Monsieur Sarkozy et Monsieur Harper, vous êtes de cyniques menteurs, et vos mensonges servent à justifier le massacre des Africains pour le plus grand profit de vos maitres et des actionnaires de vos partis politiques respectifs. La vérité est en train d'éclater au grand jour. Vous ne valez pas mieux que les dictateurs que vous contribuez à maintenir au pouvoir, comme M. Kagame, et vous valez certainement beaucoup moins que M. Laurent Gbagbo, qui est un libérateur de peuple de la trempe de Patrice Lumumba, Thomas Sankara et Nelson Mandela. Vous n'avez absolument pas le droit de parler au nom des Français et des Canadiens concernant l'Afrique. Vous n'avez aucune autorité morale. Vous nous faites honte, et je suis certain que vous finirez dans les poubelles de l'Histoire.

Bernard Desgagné
Gatineau, Québec
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