Rwanda-USA : Que faire des criminels au sein de l’armée rwandaise ? Cas du Major Majyambere.

Publié le par gaspard-musabyimana

29 MAI 2011 0 H 27 MIN 2 COMMENTAIRES MODIFIER CET ARTICLEVIEWS: 936
Les officiers du FPR Kayonga, Muhire, Kayizari

Les officiers du FPR Kayonga, Muhire, Kayizari

Le major Justus Majyambere est un officier de l’actuelle armée rwandaise. Avec 39 autres militaires, il est, depuis 2008, visé par un mandat d’arrêt international lancé par le juge espagnol Fernando Merelles pour des crimes commis au Rwanda après 1994 notamment l’assassinat de ressortissants espagnols.

Le 20 mai 2011, la presse a fait état de l’arrestation aux Etats Unis de cet officier par la police américaine en exécution de ce mandat d’arrêt espagnol. Il devait donc éventuellement être remis à la justice espagnole. Aussitôt après, un diplomate rwandais basé à New-York, sans préciser si oui ou non Justus Majyambere avait été arrêté puis relâché ou expulsé vers le Rwanda, faisait savoir que l’intéressé venait de débarquer à Kigali ce 22 mai en provenance des Etats Unis où il était en voyage d’études. Dans la foulée, le porte-parole de l’armée, le lieutenant-colonel Jill Rutaremara, dans un communiqué solennel, indiqua que le major Majyambere était bel et bien de retour Rwanda venant des Etats Unis où il était arrivé le 13 mai pour un stage…qui n’aura donc duré que moins de 7 jours. Tout est dit. Le major Majyambere, avec un mandat d’arrêt qui pend sur son coup, est un hôte encombrant des Etats Unis comme les 39 autres de ses collègues recherchés par la justice espagnole. Son seul sursis est dû au soutien inconditionnel des USA au régime rwandais qui ne permettrait pas de remettre les criminels à ceux qui les recherchent mais toujours en les refoulant vers le Rwanda.

Quelques enseignements à retenir de cette affaire : le régime rwandais devrait savoir que les mandats d’arrêts émis par la justice d’un régime démocratique doivent être pris au sérieux sinon davantage que ceux fantaisistes qu’il émet à tort et à travers et dont il demande l’exécution notamment par Interpol. Au lieu de continuer à jouer au chat et à la souris avec la justice pour protéger les criminels en son sein, le régime du FPR devrait laisser la justice suivre son cours afin que tous les criminels de quelque bord qu’ils soient, répondent de leurs actes.

 

Jane Mugeni
EdA Press

 

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