Sièges de l’Afrique centrale

Publié le par gaspard-musabyimana

16. avr | Par Echos d'Afrique | Catégorie: SociétéEdit


siège en rotang en forme de sommet de case/Kango, Samana, Uelé, Haut-Zaïre/1913

L’Afrique regorge d’une multitude d’objets d’art. Cette diversité d’art a fait l’objet de nombreux travaux. Le livre « Sièges de l’Afrique centrale » (MRAC, Tervuren 1996) de Donatienne Van Wassenhove en est une de ces contributions. Cette auteure a, à partir des photos prises par des scientifiques, des anthropologues, des missionnaires ou des fonctionnaires en mission au Congo entre 1890 et 1940, réalisé une étude sur ces œuvres d’art particulier que sont les sièges.

Chaise Bangamisa/1958

Chaise Bangamisa/1958

Le style des sièges est d’une grande variété avec des motifs et des formes d’une grande esthétique. Chaque ethnie, chaque région a sa façon des fabriquer des chaises.

A ce sujet, Van Wassenhove fait remarquer qu’« en Afrique, l’activité esthétique ne se réduit pas à la seule création plastique, c’est-à-dire aux objets que l’on juge dignes en Occident d’être des œuvres d’art. La volonté esthétique se combine aussi chez eux à une préoccupation fonctionnelle, que ce soit dans le mobilier, l’architecture, les arts du corps, les arts rituels ou la sculpture et la peinture proprement dites ; d’où le souci décoratif pour l’objet usuel, aussi simple soit-il (outils, récipients, vêtements, armes, sièges, appuie-tête, cannes,…). Ses motifs sont destinés autant à enjoliver l’objet qu’à révéler son appartenance, son rôle ou son importance sociale ».

Faits en bois, taillés dans une seule pièce, les sièges africains traditionnels sont sculptés avec des machettes, des herminettes ou des haches avec des lames spéciales. « Le siège chez les Africains est peut-être l’un des éléments du mobilier le plus important. On dit que pour un Zaïrois, un homme

Tabouret en bois sculpté/Mangbetu, Uele, Haut-Zaïre/1911

Tabouret en bois sculpté/Mangbetu, Uele, Haut-Zaïre/1911

sans tabouret est un homme sans dignité » (Meyer 1994:23).

Le siège a des rites spécifiques. En général, il « ne se prête pas. Chez les Ashanti du Ghana, par exemple, l’usage personnel du siège était essentiel car on pensait qu’il abritait l’âme de son propriétaire. Inoccupé, il était renversé sur le côté, ce qui interdisait à quiconque de s’y asseoir et préservait ainsi l’âme. Le siège accompagne aussi son propriétaire dans ses déplacements. A cet effet, il est souvent muni d’une poignée en bois ou en fibre végétale pour faciliter le transport ».

Les sièges africains peuvent être classés en trois grandes catégories :

Les trépieds et les appuie-dos

 

Vieillard se reposant, Oli, Kolenkema, Bandundu/Photo A. De Cruz/Congopresse 1946

Vieillard se reposant, Oli, Kolenkema, Bandundu/Photo A. De Cruz/Congopresse 1946

Ils « sont fabriqués à partir d’une fourche d’arbre ayant une configuration tout indiquée à cet effet. L’arbre est coupé à l’endroit où ses rameaux forment ce qu’en botanique on appelle un verticille (Schweinfurth 1875:101). Trois branches sont utilisées comme points d’appui, tandis que les autres forment le siège ou le dossier ».

Les tabourets

Sièges sans dossier ni accoudoirs, les tabourets, sont d’usage courant en Afrique centrale. Ils sont composés en général de trois parties : le pied, la partie médiane et l’assise qui est de forme concave pour s’adapter à l’anatomie du corps humain.

Les chaises

D’usage plus rare, la chaise africaine est une œuvre d’art influencée sans aucun doute par la chaise européenne. Elle a quelques fois un dossier et même des accoudoirs.

 

 

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