Que réserve la justice rwandaise à Victoire Ingabire ?

Publié le par gaspard-musabyimana

Il y a une année que Victoire Ingabire, présidente du parti politique FDU-Inkingi, est partie au Rwanda. Le 16/01/2011, l’anniversaire a été célébré par une messe dans la ville où habite la famille de la politicienne, en Hollande. Des témoignages, tant des étrangers que des Victoire KagameRwandais étaient émouvants. Le témoignage d’un Pasteur hollandais qui a recueilli 1000 signatures dans une action intitulée « SOS VICTOIRE », a été particulièrement poignant.

Au même moment, la justice rwandaise continue de refuser la relaxe de ce leader de l’opposition politique malgré l’irrégularité de la mesure car l'ordonnance de sa détention provisoire a expiré depuis le 25 décembre 2010. Aussi, le 17/01/201, Victoire Ingabire a-t-elle été présentée à la Haute Cour pour un appel de sa mise en liberté sous caution. Le juge Julien Ndinda a été hors de ses gonds quand la question de la justice aux ordres du président Kagame été évoquée par la prisonnière.

Pourtant la vérification de l’emprise du président Paul Kagame sur la justice est évidente et celui-ci ne le cache pas. Il n’a cessé de qualifier Victoire Ingabire de tous les noms : hooligan, divisionniste, adepte de l’idéologie génocidaire, …

Victoire Ingabire est devenue une hantise pour le président rwandais. Dans sa conférence tenue avec la presse le 18/01/2011 à Kigali, il est revenu sur le cas de cette dame. Alors qu’aucune question ne lui était posée sur ce sujet, il a déclaré : « La communauté internationale ne voit pas ce que le pays fait pour le bien des Rwandais. Elle prend comme mot d’évangile ce que dit Victoire Ingabire comme quoi il y a des violations massives des droits de l’Homme au Rwanda. Elle prend ainsi Victoire Ingabire comme un miroir à travers duquel le Rwanda est observé ».

Paul Kagame ne croyait pas si bien dire. Victoire Ingabire a raison. C’est une politicienne visionnaire contre vents et marées. Paul Kagamé n’a-t-il pas dernièrement limogé des militaires de la Cour militaire qui avaient conclu, dans leurs décisions, à la libération d’un officier à qui il était reproché des détournements de fonds ? Ne vient-il pas d’ordonner une mascarade de procès dans lequel ses anciens collaborateurs le général Kayumba Nyamwasa, le colonel Patrick Karegeya, le Procureur Gerald Gahima et le Dr Rudasingwa viennent d’être condamnés à de lourdes peines suivies d’un lancement de mandats d’arrêt international à leur encontre ? Des peines de prison de 33 ans et 12 ans n’ont-elles pas été requises respectivement aux journalistes Agnès Uwimana Nkusi, la rédactrice en chef d’Umurabyo, un journal indépendant rwandais, et sa collaboratrice Saïdati Mukakibibi, pour délit d’opinion ? Le politicien Ntaganda n’a-t-il pas été emprisonné et condamné du seul fait d’être opposant politique ? Des exemples peuvent être multipliés.

Il y a une constante dans ces procès : la fabrication des preuves. ingabire mu rukiko-photo voa

Pour Victoire Ingabire, les services secrets rwandais sont parvenus à instrumentaliser un certain Vital Uwumuremyi, qui se dit « officier des Forces de Libération du Rwanda » (FDRL). Il affirme avoir été contact avec Victoire Ingabire fomenter des attaquer contre le Rwanda.

C’est du déjà vu. Quand Faustin Twagiramungu est allé au Rwanda en 2003 pour se présenter comme candidat présidentiel en challenge de Paul Kagame, il a failli être en prison. Les services secrets rwandais ont travaillé son neveu et lui ont donné une lettre signée des chefs des FDRL et des Mai-Mai. Ces groupes, qualifiés de « terroristes » soutenaient, dans cette lettre, Faustin Twagiramungu. Le lendemain, la Police s’est présentée avec un mandat de perquisition. La maison a été fouillée de fond en comble de 9h à 17h. La lettre n’a pas été trouvée car Twagiramungu avait senti le stratagème. Il avait déchiré la lettre et jeté les bouts de papier dans les toilettes. Si la lettre avait été découverte, il aurait été inculpé pour association avec des groupes terroristes, ce qui est également reproché à Victoire Ingabire via Vital Uwumuremyi, qui a été tellement travaillé qu’il a déclaré préférer attendre son procès en prison !

Paul Kagame, dans sa politique de se débarrasser de ses opposants politiques, a déjà donné à la justice rwandaise la ligne à suivre. Victoire Ingabire risque de lourdes peines pour barrer le chemin à son idéal démocratique.

Gaspard Musabyimana

19/01/2011

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